Relier
année
2026
durée
146h
livrables
1 proposition
signature visuelle
signature visuelle secondaire
nuancier et typographie
imagerie
rappel de style
maquette de présentation
publicité
design de couverture
imprimé de 144 pages
version numérique de base
client
AGAVF
⇣ Relier, rencontres écrites du réseau des arts visuels de la francophonie canadienne fait suite au projet de mentorat Alentour, accompagnement en écriture des arts visuels mené par l’AGAVF. Constatant le manque d’écrits sur les arts visuels produits par les communautés francophones en situation minoritaire, Relier rassemble des textes qui ont une diversité d’approches et de formes, et qui portent sur des pratiques, des expositions et des événements artistiques francophones canadiens.
Processus créatif
La direction artistique est sobre, minimaliste et moderne. Le design est le plus invisible possible pour mettre de l’avant les écrits. Il apparaît quasi inexistant.
La constante entre les différents textes est la rencontre entre 2 artistes: en arts visuels et en écriture. La signature visuelle reflète donc le point de la lettre i dans le bas pour symboliser cette rencontre en toute simplicité et efficacité. Des signatures secondaires avec ce i comme symbole, et une version accompagnée du descriptif, complètent la suite de logos identitaires.
Une autre dichotomie est l’aspect bilingue de la publication en continu sur la même planche. Des caractères de couleur violette, qui appelle à la créativité et à l’introspection, marquent le changement linguistique. La typographie est composée d’une linéale grotesque au faible contraste entre les graisses pour produire un design discret et laisser ainsi toute la gloire aux écrits.
Le format B5 rappelle la taille d’un cahier d’esquisse ou un cahier de notes et offre une intimité, un sentiment moins pédagogique. Malgré la diversité des styles d’écriture, une sensibilité, une réflexion introspective sur ce que c’est que de vivre en tant qu’artiste, transparaît et rend ce collectif intéressant à lire.
Le point reviendra en imagerie pour former une double grille superposée: celle de l’artiste et celle de l’auteur.rice. On voit instantanément une individualité dans leur similitude et c’est ce qu’on veut mettre de l’avant dans ce projet. Tout le monde écrit mais chacun à sa façon. Tout le monde crée mais chacun a son propre processus. Un point seul marquera le début de chaque écrit qui finira par une courte biographie de l’auteur.rice à l’intérieur d’un encadré vertical qui sort au bas de la page vers le ou la lectrice en guise de présentation. On veut donner un visage à la voix pendant qu’elle est encore fraîche.
Pour visualiser chaque personnalité, la division des paragraphes change selon le ton de l’auteur.rice. La structure de chaque écrit ressortira naturellement sur la page et contribuera à marquer leur individualité sans avoir besoin d’une intervention graphique supplémentaire. Ce petit changement est suffisant pour entendre chaque voix et maintenir une cohésion graphique dans l’ensemble. Une attention spéciale à chaque ligne et chaque division de mot a été réfléchie pour obtenir une bonne fluidité de lecture. Celle-ci est absorbée et imperturbée grâce au restreint de l’habillage graphique. Les marges sont généreuses pour s’adapter à une lecture lente et longue où l’on peut tenir le livre confortablement sans cacher le contenu avec ses doigts, et pour isoler le texte dans notre champ de vision, du bruit visuel hors du livre. Pour bien saisir l’impact subtil de ce design il faut bien sûr, prendre connaissance du contenu. Plus bas, je note le raisonnement créatif du design derrière chaque écrit.
Elise Anne LaPlante
Elise Anne parle au nom de l’AGAVF. Pour faire une distinction claire entre sa voix neutre et celle des auteur.rices, les blocs de textes justifiés s’emboîtent l’un dans l’autre.
Mael Houyau
Mael écrit comme il parle. La lecture est saccadée. Il y a beaucoup d’ellipses et même des mots d’une troisième langue. Le niveau de lecture est plus difficile. On sent quelque chose de rebelle, on opte donc pour un alignement des paragraphes à gauche et à droite. Les fins de lignes inégales ajoutent un chaos visuel mais aussi des repères pour nous aider à nous retrouver. L’alignement des vers qui s’opposent offre un visuel typographique artistique intéressant qui sied bien aux poèmes anti-conformistes et aux flammes des œuvres.
Camille-Zoé Valcourt-Synnott
Le texte de Camille-Zoé est du style Cher journal. Il est structuré par les lieux et les dates de rencontre. Un contenu introspectif et songeur, l’autrice nous plonge dans sa vulnérabilité intérieure. On choisit donc des blocs de texte bien carrés séparés par une ligne vide.
Zoé Fortier
La traduction de la bande dessinée de Zoé comporte de courts paragraphes avec peu de phrases d’où le choix du paragraphe aligné à gauche.
Candice Dan
Vu la longueur et le sérieux de chaque section de cet écrit, le paragraphe justifié séparé par des alinéas économise l’espace tout en demeurant sobre. Ces alinéas créent des trous négatifs aux blocs de texte et leur donnent une allure de puce digitale. Chaque lieu est clairement mis en évidence par un sous-titre sur une longue colonne de texte.
Lalie Douglas
On parle de la région où on est plus familiers alors on déploie une mise en pages plus familière. On réduit l’espace utilisé avec les paragraphes séparés par des alinéas pour maximiser l’espace négatif. Cela crée cette vision plus large des grands espaces où il fait bon respirer l’air frais de la nature. Les paragraphes ainsi collés évoquent la proximité des gens d’une même communauté. Le texte parle de trois artistes clairement identifées par un sous-titre bien dégagé et une image de leur œuvre.
Éloïse LeBlanc
Ici, les paragraphes sont très longs alors les rares fois où on voit une division de paragraphes, aussi bien la marquer clairement par une espace. L’idée avec l’inclinaison de cette image et l’alignement horizontal inégal des débuts de paragraphes, est d’instaurer du mouvement puisque c’est le médium artistique pratiqué par ces artistes.
Anne Brochu Lambert
Le contenu d’Anne est dense et descriptif. On a l’impression d’être au même endroit qu’elle. Donc, pour économiser l’espace et créer une intimité, l’alinéa est choisi pour distinguer les paragraphes. Ce texte est écrit comme une véritable conversation qui passe des pensées de l’interlocutrice (paragraphes justifiés) aux paroles de l’artiste (paragraphes plus gras et en retrait). Pour marquer la pause de la conversation dû à la pandémie, un silence est visualisé par une espace exaggérée et une photographie d’œuvre occupant une planche complète, interrompant ainsi la lecture.
Mathieu Boucher Côté
On s’inspire de la musique avec la première ligne en retrait négatif qui forme une baguette ou un manche de guitare pour distinguer le passage d’un paragraphe à un autre. Ces instruments sont utilisés par les artistes en question dans le texte.
Lou-Anne Bourdeau
On tente d’encadrer les blocs de paragraphes et les sous-titres brisent la grille en ne s’alignant pas exactement. Les espaces négatifs généreux, une gouttière plus large et les grandes images réfèrent à Paul-Auguste qui est avare de commentaires face à l’exposition. Cette distance est aussi marquée subtilement par une des rares fois où la version anglaise apparaît sur une planche séparée. Comme le fils de Lou-Anne procrastine, on fait un peu niaiser la lecture en la débutant sur une page et en obligeant à tourner 2 pages avant de lire la suite.
Stephanie Corbo
La première ligne des paragraphes dépasse de chaque côté du corps justifié et sa dernière ligne est centrée. Cette apparence dessine subtilement l’appareil reproducteur féminin avec ces trompes de fallope. L’artiste en question parle de la transformation qui se produit après l’accouchement.
Danielle Léonard
Une revendication, un constat, une prise de silence. Le paragraphe aligné à gauche est de mise pour cette vue plus contemporaine et engagée.
Isa Michaud
La distinction entre les paragraphes se voit par le retrait d’un paragraphe entier sur deux. Les paragraphes s’empilent comme les têtes sur un totem. On s’inspire de l’art des Premières nations puisque l’artiste ici est une muraliste anishinaabe.
Emilie Grace Lavoie
Une ambiance plus onirique avec des strophes et des paragraphes qui semblent flotter dans un souvenir. L’abondance d’espaces négatifs ralentit le rythme de la lecture et absorbe le ou la lectrice plus profondément dans l’histoire.
Mathilde Rousseau
Mathilde nous décrit le joyeux désordre de l’atelier de Véronique Sunatori. On fait donc danser les paragraphes en alternant le retrait d’un côté à l’autre pour mimiquer le bordel de l’endroit.
Sabine Lecorre-Moore
Des paragraphes propres, parallèles et contemporains. Le texte qui compare deux artistes, est divisé de façon à rendre cette comparaison et sa traduction visibles sur la même planche.
Monelle Doiron
Les artistes parlent d’un sujet très sérieux de façon très ludique. On balance donc ces images farfelues par un déploiement de paragraphes bien droits et encadrés. L’attention envers les œuvres est ainsi décuplée. C’est exactement ce que l’on veut puisque l’autrice décrit et analyse chaque détail de ces images.
























